Wednesday, September 30, 2015

Tropicana peut aider à moderniser le Konpa »

Tropicana peut aider à moderniser le Konpa »

60 ans du compas
Quoi de mieux que de reprendre notre série dédiée aux 60 ans du konpa direct avec Maestro Ti Blan ? Le saxophoniste émérite de l’Orchestre Tropicana, tout en souhaitant la modernisation du rythme de Nemours, nous avoue que lui et son orchestre sont prêts sur demande à aider en ce sens via suggestions, conseils et coaching. Le point de vue d’un homme qui n’a connu qu’un seul orchestre.


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Le konpa se doit d’évoluer, sinon… « Le konpa direct, à ses débuts, était quelque chose de sérieux. Plusieurs générations se sont succédé et y ont apporté leur touche. Jusque dans les années 80, c’était un sujet de fierté tant ici qu’ailleurs. Mais le konpa est un rythme, donc il est appelé à évoluer, sinon il meurt. C’est là la faiblesse de cette musique aujourd’hui : elle refuse de se moderniser, d’aller de l’avant. Voilà pourquoi les tubes sont rares depuis quelques années. Le konpa direct ne voit pas le temps passé. Ticket peut convenir que le konpa a des problèmes actuellement. » Tropicana ne fait pas du konpa direct « Tropicana fait du konpa fusé, ou ‘’roussi’’ pour les intimes, nos djokanèl, qui seront nombreux à lire cet article. On ne fait pas du konpa pur. Pour ne pas perdre le grand public dans une explication savante, laissez-moi établir le distinguo de la manière la plus simple et facile. Pour le konpa organique, il faut le tambour et le gong. Il faut que le tambour résonne pidim, pidim et le gong tenk tenk tenk. Or, Tropic sur le tambour fait pim pim, pim… Tout comme la fusée, dans notre musique, la mélodie a tendance à juste titre à évoluer sans cesse. Pour le commun des mortels, on fait du konpa, mais nous autres, nous savons que nous explorons autre chose, nous allons au-delà. » Mon contact avec le konpa direct, c’est quand on joue avec d’autres djaz « Si mon véritable premier contact professionnel avec la musique remonte à mes 20 ans quand Tropicana m’a embauché en 1964, mon contact avec le konpa direct c’est à chaque fois que l’on joue avec d’autres groupes ! Je ne peux me rappeler de la première de ces tant de fois. Moi, j’ai passé toute ma vie dans Tropicana. C’est bien ma vie, et je n’éprouve à ce jour aucun regret de m’y accrocher encore. Je n’ai jamais été ailleurs et j’en ai point l’envie. Je dispense des cours de musique en privé, mais je n’ai jamais fréquenté d’autres djaz. Mes groupes préférés sont tous ceux qui font de bonnes choses « Je suis musicien depuis longtemps, donc j’ai l’oreille pour distinguer de loin si une musique est bonne ou mauvaise. Le morceau qui marche à la radio ou sur la télévision n’est pas forcément de qualité. Alors quand on me demande mes groupes préférés, on me met carrément dans l’embarras du choix, car ils sont nombreux et je les aime pour toutes sortes de raison. En ce qui concerne les chansons préférées, elles sont tout aussi nombreuses. Puisque que vous insistez, je cite « Rezilta » de Zenglen. C’est un bon morceau, avec du groove, de bonnes paroles qui motivent… Je dois vous avouer que sur scène, c’est désagréable par contre. Les gars en live n’arrivent pas à assurer le bon résultat obtenu en studio. Un artiste se doit de pouvoir produire sur scène quelque chose qui va au-delà de la retouche en studio. J’aime aussi toutes les chansons d’Arly Larivière. Finalement il a prouvé que pitit tig se tig. C’est un fils qui honore son père. Il est super ! » Tropicana peut aider à moderniser le konpa « Nos contacts avec d’autres groupes et artistes nous ont permis de découvrir la paresse et l’ignorance de tant d’acteurs du milieu du konpa. J’ai été souvent étonné de constater que beaucoup de musiciens évoluant dans des djaz ne savent pas lire une partition. C’est là le problème du konpa. Beaucoup de ses musiciens ne sont pas partisans du moindre effort. Sur le plan macro, le konpa souffre d’un manque de renouvellement depuis plusieurs années. On ne peut pas concevoir de produire du konpa identique à celle l’époque de Nemours. Il faut s’adapter au temps. Le zouk, qui est un rejeton du konpa, fait ses preuves mieux que le konpa lui-même. Or, le zouk est par essence une modernisation du konpa. On doit se fixer un objectif à partir de cette fièvre des 60 ans et essayer de l’atteindre dans un délai tout aussi fixe. On doit trouver la route pour accéder à cette modernité ô combien nécessaire au konpa. Moi, je suis prêt, et c’est aussi le cas pour Tropicana, à m’asseoir avec des musiciens du konpa pour leur prodiguer des suggestions, des conseils, discuter. On peut même assurer du coaching, car on sait nous autres comment enclencher des changements à la base d’une musique. C’est seulement en modernisant le rythme de Nemours Jean-Baptiste qu’on peut le présenter sur d’autres marchés. »

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